jeudi 31 mai 2012

Manifestation spontanée à Summertown House

On vous revient de l'autre côté du long congé du Jubilé...après la visite de nos amis venus d'Allemagne, Aileen, Oliver et leur petite Thea.
En espérant que les casseroles aient été entendues d'ici là...



Jean-Léon, inspiré par les casseroles de Villeray qu'on entend en bruit de fond.

lundi 28 mai 2012

Tirer le meilleur

J'entretiens un rapport d'amour-haine à notre remorque de vélo. 

Quand nous l'avons reçu en cadeau, j'ai frôlé l'hystérie : Jean-Léon avait alors six mois et je ne voyais pas où nous allions rangé le mastodonte (voir ici le modèle), compte tenu que nous n'avions pas de garage. Pendant que je respirais dans un sac de papier brun, Jean-Fred, lui, rêvait en souriant de conquérir les routes vertes du monde entier sur son vélo, tirant la remorque qui abriterait son fils adoré. Puis, j'ai appris à vivre avec l'engin, plié dans le bureau, entre ma chaise et la bibliothèque.

Quand Jean-Léon a eu un an, Jean-Fred a pris la piste cyclable pour la première fois avec lui, bien attaché dans l'habitacle de la remorque. J'ai pensé faire une crise cardiaque. Était-ce vraiment stable ? sécuritaire ? Et mon fils, n'allait-il pas avoir trop chaud ? peur ? mourir de faim ou froid ? Et n'était-ce pas trop bas ? trop lourd ? Et si Jean-Fred avait une crevaison sur son vélo, à l'autre bout de la piste cyclable? Je me suis bien inquiétée, mais à chaque fois, Jean-Fred m'a rassurée : il avait son Iphone. Et il est parti quand même, en souriant et en tirant avec toute sa force la remorque contenant son fils, qui souriait lui aussi. 

Quand j'ai moi-même eu un vélo, j'ai trouvé qu'il était bien agréable de faire des randonnées en famille, tous les trois. Et je me suis mise à aimer un peu plus l'engin, d'autant plus que je n'avais pas à le tirer moi-même.

Quand je suis devenue enceinte d'Aurèle, j'ai (presque) tout de suite penser à la remorque de vélo. La remorque, qui était double, allait nous permettre de transporter nos deux bambins. Pratique, que je me suis dis! Mais pourquoi ne pas faire d'une (grosse) pierre deux coups et l'équiper de manière à transformer la remorque en poussette double ? Comme nous en étions déjà à préparer notre déménagement outre-mer, nous avons donc acheté les accessoires pour en faire une poussette double, de même que le sac de transport. Et hop! la remorque / poussette nous a quitté pour une longue traversée sur notre désormais célèbre cargo...

Une fois à Oxford, Jean-Fred s'est empressé de magasiner un vélo. Et mes maux de tête sont revenus. Devait-il opter pour un vélo de course ou quelque chose de plus solide, de plus lourd, pour pouvoir tirer, dans les côtes et jusqu'au sommet, la remorque contenant deux enfants ? Où allait-on ranger la chose, le hangar à vélo de notre immeuble étant aménager pour recevoir des dizaines de vélos bien cordés les uns à côté des autres et la remorque étant trop large pour passer dans la porte de notre appartement, une fois assemblée. Bref, j'en ai presque passé des nuits blanches...Finalement, une fois tous les dilemmes de vélo et de rangement résolus, je me suis rendue compte que mon bébé était trop petit pour aller dans la remorque sans accessoire de type hamac que je n'avais pas et que, de toute façon, dans son format poussette, la remorque n'entrait ni dans l'autobus ni dans la plupart des magasins. Nous n'étions pas au bout de nos peines. La remorque est donc devenue un de nos meilleurs sujets de blague. LA chose que nous avions payé pour faire transporter...pour rien.

Puis, contre toute attente, 3 ans après son arrivée dans nos vies, celle que j'aimais désormais détester a soudainement pris tout son sens. Elle a accompli sa destinée et a permis à l'ensemble de ses possibles de se réaliser.




jeudi 24 mai 2012

Le dernier droit

1493 km. Voilà ce qu'indique le compteur du vélo de Jean-Fred, acheté à notre arrivée, en août dernier. C'est qu'il pédale, mon chéri. De la maison à l'université, et retour. La fin de semaine, quelques randonnées avec le club de vélo de l'université. Bon, pas assez souvent à son goût, mais quand même. Pas mal pour un père de famille de deux enfants, étudiant à temps plein de surcroit! Jean-Fred a pédalé presque sans interruption, sauf quelques jours cet hiver à cause de crevaisons répétées. Du vélo en plein mois de janvier : le rêve de tout cycliste! Jean-Fred est heureux sur son vélo.


Jean-Fred a en effet pédalé sans relâche depuis que nous sommes ici, au propre comme au figuré. Il amorce maintenant - et nous avec lui - le dernier droit : plus que quelques semaines avant les examens finaux. Des examens qui valent 100% de la note pour l'obtention de son diplôme. On n'a déjà vu mieux en matière de pédagogie. Mais Oxford, c'est Oxford et il se passe ici des choses qu'il ne se passe pas ailleurs dans le monde académique.

Lavage et jurisprudence : deux disciplines complémentaires
pour Jean-Fred

Pour l'accompagner et le soutenir, je me suis moi aussi remise au vélo. C'est la deuxième fois que mon amoureux m'offre un vélo en cadeau, pour mon anniversaire. Il doit y avoir un message subliminal là-dedans... Bref, je suis remontée en selle et on a équipé Aurèle pour qu'il puisse bientôt se promener en chariot avec son frère. Pour faire notre dernier droit et amorcer la prochaine étape, toute la famille sera donc sur deux roues.



En ne perdant pas de vue le travail qui s'annonce pour les prochaines semaines, nous regardons déjà vers l'horizon de cette prochaine étape, les belles vacances européennes que nous sommes à planifier...notre séjour au Québec pour la fin de l'été. Yé!

Au terme de cette année scolaire, Jean-Fred aura complété un diplôme de BCL (bachelor of civil law - pour en savoir plus, cliquer ici). Et nous aurons traversé tous ensemble notre première année de vie à Oxford, la première de notre vie de famille à quatre. Quel accomplissement!

Pour le reste, nous ne sommes pas encore fixé sur ce qui nous attend pour l'an prochain....mais on vous tient au courant.


mardi 22 mai 2012

Pas de loi 78 à Oxford

Parce que nous sommes loin et que nous suivons tout ce qui se passe avec émotion, dans le confort de notre salon. Parce que mon Québec que j'aime et qui me manque est sans dessus dessous.

Parce que j'appuie sans réserve les étudiants et que je condamne la violence. Bien entendu. Celle des casseurs et celle du gouvernement.
Parce que ce gouvernement libéral me lève le coeur. Et depuis longtemps.

Parce que mes valeurs sont la solidarité, le respect, le dialogue, la tolérance. La culture et les idées. La créativité et la liberté d'expression. Parce que je veux que mes enfants s'épanouissent dans un monde qui embrasse ces valeurs. Parce que je suis de gauche et que je m'en cache pas.

Parce que l'éducation est au coeur de ma vie. De notre vie. Parce que c'est pour étudier que nous sommes ici.
Parce que j'ai été une étudiante choyée, privilégiée et quand même endettée. Parce que je souhaite que mes enfants aient autant de chance que moi, sinon plus.
Parce que je crois que le talent n'a rien à voir avec l'argent. Et que l'argent n'achète pas tout.
Parce que, parce que, parce que....

Je ne pouvais pas passer tout cela sous silence. Il fallait qu'il y en ait la trace ici aussi. Un petit grain de sable s'ajoutant à tous ceux déposés avant moi par mes amis Marie-Noël, Hélène, Sylvie, Éric, Frédéric, et Patrick qui ont marché, Aubin et ses bénévoles aux fenêtres, Nicolas et ses collègues de design, Karine qui est de toutes les manifs, Anne Martine (la vigie de Chicoutimi), Annie, Anne-Marie qui garde la tête haute au MEQ, Karine qui a écrit à sa députée...et tous les autres qui s'indignent et que j'oublie...
***
Nous avons marché, nous marchons et nous marcherons aujourd'hui en pensée, avec vous. Avec vous tous en pensée : mes collègues profs (en grève ou au boulot), mes anciens et futurs étudiants, mes amis parents, mes amis grands-parents, ma famille. 

Les papas et les petits dans la parade de rue
des animaux de Summertown.
Un cerf et une biche dans la parade

Je n'ai rien contre personne et je tendrai l'autre joue
J'apprends à me tenir debout 
(F. Pellerin)

jeudi 17 mai 2012

Un dimanche à la campagne

Voici ce qu'on trouve à 45 minutes de marche de Summertown House (là où nous habitons) :


Une petite marche dans le sentier, longeant la Cherwell River, nous mène au Victoria Arms, pub bien connu d'Oxford. On peut aussi s'y rendre en punt - sorte de gondole anglaise - à partir du centre-ville. Mais on a préféré marcher pour se rendre à la réception de baptême du bébé d'une de nos amies françaises. Juste pour pas avoir l'air de la famille de Québécois colorés qui débarquent en barque dans une réception de baptême réunissant principalement des Français. Juste au cas où ça pourrait être mal interprété.


Une fois sur place, les enfants ont bien joué sur le bord de l'eau, dans l'herbe mouillée. Avec bien sûr leurs plus beaux habits revêtus pour l'occasion. C'était la première fois depuis le mois d'août que nous avions l'occasion de nous habiller chic. On n'a pas amené tout ça pour rien, finalement. 

Ici, on voit Jean-Léon avec son amie Elvina. À gauche, c'est Sophany, la maman d'Elvina.


À chacun son chapeau. Un petit couple bien affairé à ramasser des fleurs.


Ici, c'est Arthur, le petit frère d'Elvina, qui veut m'enlever mon appareil-photo.


On l'a ou on l'a pas. C'est comme ça. Et heureusement qu'Elvina avait son petit sac à main de Peppa Pig, très pratique pour ranger les fleurs et les brins d'herbe.


On y retournera pour une bonne bière sur la terrasse, Jean-Fred. C'est promis. Et on ira en bateau.

Je vous aime, mes amours. Et je vous trouve beaux.

mardi 15 mai 2012

Concert intergalactique avec un astronaute et des extraterrestres




Depuis que Jean-Léon a 3 ans, nous avons fait notre entrée dans le monde des activités pour enfants. Et nous en sommes ravis! Théâtre, musées, sports, tout est désormais possible!

Le mois passé, c'était un concert de la série Oxford Philomusica intitulé Funomusica : Intergalactic Adventure

Ce concert, spécialement conçu pour les enfants, avait lieu à l'hôtel de ville d'Oxford et mettait en vedette le chef Alasdair Malloy, grand vulgarisateur et animateur de concerts pour enfants, habillé pour l'occasion en astronaute. Certains musiciens étaient pour leur part vêtus de capes et de perruques métalliques.

Au programme, des musiques reliées à l'espace (musique des films E.T., Star Wars, mais aussi du Grieg et du Mozart) servies devant une foule animée et grouillante. Ce n'est pas tous les jours qu'on peut assister à un concert où on peut se lever, se promener, faire dans l'allée des mimes de batailles de sabres laser, porter des antennes d'extraterrestres, applaudir et répondre en criant aux questions du chef-astronaute. Avant le concert, il y avait même une grande séance - chaotique à souhait - de bricolage interstellaire et la possibilité de découvrir et d'essayer les différents instruments de l'orchestre. 

Les parents ont aimé ça autant (sinon plus) que les enfants. 

Aurèle a adoré!
Un extraterrestre inquiétant et son papa ravi.



















Et vous, parents de petits, quelles sont les activités que vous préférez faire avec eux ? À quoi aimez-vous prendre part? Théâtre, expositions, sports?

jeudi 10 mai 2012

London Bridge (vidéo)


London Bridge is falling down,
Falling down, falling down
London Bridge is falling down,
My fair lady


*Pour ceux et celles qui n'auraient pas pu voir la vidéo, je la remets ici en format YouTube.

Devenir bilingue à trois ans

Je ne savais pas trop comment ça se passerait. J'avais trouvé peu de documentation sur le sujet, pas plus que sur la vie d'enfant expatrié d'ailleurs (sauf ce livre). Derrière le cliché voulant que les enfants soient "de vraies éponges", je me disais qu'existait une réalité bien différente et que nous allions découvrir ensemble comment on devient bilingue à trois ans. 
***
Tout a commencé par une résistance, un refus presque catégorique : "Non, moi, je ne parle pas anglais".

Puis, trois mois après le début de la garderie (où il ne va que 2 jours semaine, je le rappelle), il y a eu quelques mots, ses premiers mots en anglais : "sorry", "yes", "good boy", "daddy", "chocolate", "thank you"...

Assez rapidement, les chiffres jusqu'à 12. Avec l'accent british, please!
Et les questions de traduction ont fusé : "comment on dit ceci, cela, en anglais ?"

À la garderie, j'ai ensuite remarqué qu'il répondait correctement aux questions d'usage qu'on lui posait, de même qu'il obéissait aux consignes qu'on lui donnait. Il comprenait le code de la garderie, sans besoin de se le faire traduire par son éducatrice francophone.
-"Go wash your hands"...et il y allait.
-"Do you want something to eat/drink ?"...et il répondait oui ou non, en fonction de ce qu'il voulait.
-"What's your name?"...Leon.

Ensuite, le jeu est devenu anglais. Encouragé par le fait que le jeu se passe en anglais au pre-school, par les histoires entendues là et par les émissions qu'il regarde, il a commencé à faire des jeux de rôles en anglais : "I am a shark!"..."I am the big bad wolf"...."You, a fish"...
Et c'est là qu'on a commencé à vraiment s'amuser, qu'il a commencé à prendre plaisir à découvrir la langue. Par le jeu. Ce n'était pourtant pas sorcier!

Un beau matin, en déjeunant, sans que j'ai entendu quoi que ce soit avant, il ouvre la bouche et voici ce qui en sort :
"Three little ducks went swim one day
Over the hills and far away
Mummy Duck said : "Quack, quack, quack, quack..."
And only four little dukck came back."
J'avoue que j'ai retenu une larme. C'était sa première comptine en anglais. D'autres ont suivi assez vite. Ils en apprennent une par semaine au pre-school.

Aujourd'hui, après cinq mois d'une immersion partielle (nous parlons français à la maison et avec la plupart de nos amis ici), les phrases complètes surgissent comme par magie. J'ai entendu les premières au pre-school, puis en jouant avec lui, puis à tout moment.
- "See you next time!"
- "Would you like yummy yummy bread ?"
-" I am a bad T-Rex!"
- " I want to go outside."
- "Yes I could..."
-"I want this..."

Hier, en rentrant du pre-school, il m'a dit : "Maman, je veux parler plus anglais! Encore plus!" Lâche pas, mon petit coeur, tu y es presque...

Jean-Léon y est presque, en effet. Il touche au but que nous avions fixé pour lui : ressortir de cette expérience de déracinement en possédant une langue seconde. Nous avons tout fait pour que cela arrive, y allant de stratégies qui nous sont venues naturellement et spontanément, souvent intitiées par le comportement de Jean-Léon lui-même. Je les relève ici :

1) regarder la télé : je ne croyais pas au pouvoir de la télé pour apprendre une langue étrangère. Et pourtant, l'expérience que nous vivons en ce moment me convainc des bienfaits de la télé pour apprendre les expressions idiomatiques, saisir l'accent, se faire l'oreille. Nous avons ratissé internet à la recherche d'émissions qui pouvaient aider notre fiston avant de nous arrêter à CBeebies, la chaîne pour enfants de la BBC qui diffuse toute la journée une programmation éducative de qualité et intéressante.

2) jouer : la puissance du jeu de rôle. Quand on est un "big bad wolf" ou un "Octonaut", on est bien obligé de parler anglais...

3) traduire : passer du français à l'anglais, mélanger les deux langues de temps en temps (ce que nous n'aurions jamais encouragé dans un contexte unilingue), traduire dans l'une et l'autre langue. Nous sommes bien conscients que nous devrons, dans les prochaines années, assurer la conservation de la langue maternelle en continuant de parler français à la maison. Mais il fallait bien commencer quelque part.

4) les histoires et les chansons : nous avions déjà quelques livres en anglais qui nous ont été fort utiles. Nous les lisions à Montréal en les traduisant simultanément. Tout à coup, ces livres sont devenus compréhensibles en langue originale, sans qu'on ait besoin de les traduire ou presque. Nous avons aussi trouvé des histoires en anglais dont il connaissait la version française.

5) les livres-audio : on en possédait déjà en français, j'ai continué à en écouter avec lui en anglais. Excellent pour se faire l'oreille. 

6) les imagiers (livres ou cartes à jouer) : nous avons récemment commencé à jouer avec ça. Je pose une question ("Where is the cat ?") et il me montre l'objet ou alors je lui demande tout simplement de nommer ce qui se trouve sur la page. Bons aussi pour compter, pour décrire, pour raconter...

7) être exposé le plus possible à la langue seconde : il n'y a rien de mieux que des locuteurs natifs pour apprendre les idiomes et l'accent, pour se faire l'oreille et répéter comme il faut. 

Et tout ça, sous l'oeil attentif (et surtout l'oreille) de notre petit Aurèle. Je sais encore moins comment ce sera pour lui, d'ailleurs. Différent, sans doute. Je ne sais pas comment ça se passe quand on nait dans un pays qui ne parle pas la même langue que nos parents. Mais pour un enfant de trois ans qui possédait déjà très bien sa langue maternelle, je trouve l'expérience de l'immersion extrêmement concluante et fascinante. Je ne sais pas ce qui restera à Jean-Léon de cette connaissance de l'anglais, une fois qu'on sera rentré au Québec. Mais on fera en sorte, j'imagine par d'autres stratégies, que cela lui reste le plus longtemps possible.

***

Récemment, j'ai amené Jean-Léon au salon de coiffure. Nous étions allés à ce salon pour la première fois peu de temps après notre arrivée à Oxford. J'avais dû, à l'époque (c'était au mois de septembre je crois), rester debout à côté de mon fils et lui traduire tout ce que disait la coiffeuse : "ne bouge pas, tourne ta tête, non, de ce côté-là...penche-toi, regarde la coiffeuse", etc.

Cette fois-ci, je suis restée un peu à l'écart. J'ai regardé comment les choses se passaient. Très bien, devais-je être tenue de constater. Jean-Léon obéissaient aux demandes de la coiffeuse, choisissait un des livres qu'elle lui proposait et lui faisait même la conversation : "Look! It's a pink T-Rex! I love dinosaurs!" 

À aucun moment, pendant qu'elle lui coupait les cheveux, la coiffeuse n'a pu se douter que mon fils ne parlait pas anglais il y a quelques mois. Il parlait un anglais rudimentaire et imparfait, comme le parlent beaucoup d'enfants du même âge. Je me suis dit, pour la première fois depuis notre arrivée à Oxford, que mon fils n'avait plus besoin de moi pour communiquer, comprendre, se faire comprendre, aller vers les autres. Je me alors sentie extrêmement soulagée. Et extrêmement fière de lui.

video



mardi 8 mai 2012

Notre petit mangeur de 7 mois

Même si je ne souhaitais pas nécessairement suivre la tendance du baby led weaning, Aurèle, lui, pense tout autrement.

Le baby led weaning - qu'on pourrait traduire par "alimentation solide à l'initiative du bébé" (le terme "weaning" étant employé au sens britannique d'introduction des solides et non de sevrageest une façon d'introduire les solides qui laisse le bébé aller lui-même vers les aliments. On encourage l'enfant très tôt à manger des fruits et des légumes en morceaux, à ingérer de la viande préparée en bâtonnet que le bébé peut facilement tenir dans sa main. Bref, exit les purées, on y va avec nos doigts et on fait confiance à la capacité physiologique de l'enfant d'avaler ce qu'il peut et de rejeter le reste. Je dirais enfin que c'est une pratique qui repose beaucoup sur l'instinct des parents et que ce n'est peut-être pas l'idéal pour un premier bébé.

Je ne suis pas spécialiste du baby led weaning et je n'ai jamais pensé le pratiquer exclusivement. Or le problème c'est qu'Aurèle, lui, veut manger tout seul, n'est pas un fan de la cuillère et préfère de loin les petites bouchées de pain de seigle à ses céréales en poudre. Déjà, avec Jean-Léon, on l'a vite laissé expérimenter sur sa tablette et on l'a encouragé à se nourrir avec ses mains et plus tard avec sa propre cuillère. Cette fois, avec Aurèle, on y va plus librement et je n'hésite pas à placer des morceaux à porter de main, à lui donner un bâtonnet de pomme ou de poire crue à sucer. Et il adore ça! Et pendant qu'il porte le morceau à sa bouche, ça me donne l'occasion de lui passer une cuillère de quinoa (mes céréales maison!) dans la bouche. Ben quoi, faut bien qu'il mange, ce petit! Il est si maigrelet...!


Il n'y a aucun doute, Aurèle veut suivre la mode.
"J'ai une dent maintenant!"
La banane, avec la pelure, entière, pis toute...

jeudi 3 mai 2012

Blenheim Palace

Ma tante Thérèse est venue passer 15 jours chez nous. Elle a partagé avec enthousiasme notre quotidien, a été d'une grande aide avec les enfants et la maison et a pris beaucoup de plaisir à découvrir l'Angleterre pour la première fois. Elle a été une voyageuse formidable et une hôte exemplaire !
Porte qui s'ouvre sur la cour de Blenheim Palace

Quand est venu le moment de rentrer chez elle, Air Canada lui a joué un vilain tour : le transporteur a fait de la surréservation (overbooking) et elle s'est rendue à l'aéroport d'Heathrow pour rien. Son avion était complet, impossible d'embarquer. Et cela, même si on avait confirmer son vol la veille de son départ. Nous n'avions cependant pas enregistrer son billet par internet puisque, comme me l'avait confirmé la préposée au téléphone, il était possible de le faire sur place, en arrivant à l'aéroport. Hé bien, apparemment, non. Pas cette fois.
Tout ça pour dire que ma tante est restée avec nous trois jours de plus grâce à cet imprévu de taille. Trois jours pendant lesquels il a fait un temps superbe et qui nous ont permis de boucler la boucle en faisant une dernière sortie touristique. Nous sommes donc allés passer notre samedi à Blenheim Palace, qui se trouve à 25 minutes de bus de chez nous.

Lieu de naissance de Winston Churchill et résidence du duc de Marlborough un des plus beaux palais du pays dû à sa conservation et à son ampleur, le palais de Blenheim se trouve sur un immense et magnifique domaine comprenant de vastes champs et collines où pique-niquer, des jardins, un parc aménagé pour les enfants et auquel on accède en prenant un petit train, un café, une magnifique terrasse et des bâtiments ouverts aux visiteurs.
L'entrée à colonnade du palais
Dans la cour devant le palais, vue sur la grande porte.
Avant que je lise l'interdiction de toucher au canon
Le billet pour entrer dans le palais est coûteux (20 livres) mais se transforme ensuite en laisser-passer annuel pour visiter le site. La visite dure 30 minutes et se fait avec une guide, on ne peut pas visiter le palais librement, la consigne est très claire et les madames du palais ne sont pas très avenantes.

Avec une poussette double et un enfant de 3 ans, on a vite opté pour l'option "extérieur seulement". Nous avons pu admirer les environs, le lac, les jardins, bien assis au soleil sur la terrasse, à déguster une glace. Un moment de pur bonheur que nous n'oublierons pas de sitôt.

Vue arrière du palais, avec bassins et jardins


Un petit prince dans la cour du Palais

Une bonne glace pour Jean-Léon...
une bonne suce pour Aurèle!

mercredi 2 mai 2012

Mon héritage

Parce que c'est ma fête en ce début de semaine et que je n'ai pas le temps de faire plus long, ce petit bijou de chanson. Je vous reviens jeudi avec d'autres aventures de notre famille à Oxford...

***

Ce n'est pas compliqué, j'aime tout de ce clip. La chanson, que j'écoute sans relâche dans mes écouteurs quand je prends le temps de me faire plaisir en écoutant ma musique. La musique, le piano seul. La façon dont s'est filmé. Le chanteur, aussi, qui laisse rarement indifférent : pas aussi sympa que Delerm, un peu désagréable à la Gainsbourg. Je ne m'en cache pas, moi je craque pour lui et son petit air chiant. 

Mais je ne me lasse pas des paroles, surtout, qui nous rappellent tout ce qu'on donne à nos enfants, le meilleur comme le moins beau. Nos forces et nos faiblesses. Qui me font penser aussi à ce que disait Derrida, que dans tout don, en somme, on ne sait jamais ce que l'on donne. 

Je vous la donne, donc, cette chanson, sans savoir ce qu'elle sera pour vous.