Une des choses qui me tient le plus à coeur dans ma vie de maman à la maison, c'est ce qu'on trouve dans nos assiettes, trois fois par jour.
Auparavant, à Montréal, c'est Jean-Fred qui assurait le service du département de l'alimentation, "de la conception à la réalisation", comme j'aimais le dire, c'est-à-dire de l'élaboration du menu à la préparation du repas, en passant par les courses à l'épicerie. Il faut dire aussi qu'il excellait aux commandes du fourneau et passait une bonne partie de ses fins de semaine à cuisiner ce qu'on allait manger pendant la semaine. Il fallait aussi produire assez de nourriture pour avoir deux lunchs par jour, ce qui nécessitait de cuisiner en plus grande quantité, mais comme Jean-Fred a une tendance naturelle à cuisiner pour huit personnes, ce n'était pas un problème.
Or, depuis peu, j'ai dû reprendre les rennes de la cuisine. On a en fait échangé les rôles : je fais la cuisine, il fait désormais le lavage que je faisais avant. Et jusqu'ici, tout va très bien. Le congé de maternité me permet de prendre mes responsabilités très au sérieux et de disposer de temps pour accomplir mes tâches, ce que ne permettrait pas de faire un emploi à temps plein, évidemment : la situation sera bien différente lorsque je retournerai travailler, avec deux enfants. Et nos besoins en nourriture sont plus modestes, Jean-Fred prenant chaque jour le lunch à son collège ou à l'extérieur et Jean-Léon mangeant à la garderie les lundis et mardis. Quant à Aurèle, il se contente du lait de maman pour le moment mais je ne vais pas tarder à me mettre à la préparation de purées.
Je prends donc très à coeur de nourrir mon garçonnet, mon amoureux aux études et bientôt mon bébé qui mangera lui aussi. C'est un des rôles que je préfère dans ma vie de maman, celui de mère nourricière. D'abord par goût des bonnes choses, gourmandise, mais aussi par conviction que ce qu'on ingère nous assure l'équilibre, la santé, le bien-être, la stabilité dans l'humeur. Et quel bonheur de partager un bon repas en famille, chaque soir, et de se raconter notre journée...pendant que les petits comme les grands se régalent. Je dois aussi tenir ça de ma grand-mère qui aimait tant nous voir manger et ne pouvait s'empêcher de proposer de nous préparer autre chose alors qu'on avait encore la bouche pleine...
Tout ça pour dire que ma façon de
tenir cuisine relève plus de l'économie familiale que de la gastronomie et qu'il ne faut pas venir à notre table pour faire régime...je cuisine au beurre et à la crème, comme m'a appris à le faire mon cher mari, et je privilégie les aliments entiers, produits céréaliers ou matière grasse. Ben quoi, le goût avant tout!
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Bienvenue dans ma cuisine! |
Voici donc de quoi est faite une bonne semaine dans ma cuisine, par les temps qui courent :
Une bonne semaine dans ma cuisine, comporte son lot de recettes nouvelles mêlées à des classiques. Ces jours-ci, les recettes nouvelles viennent d'un numéro de la revue Ricardo, laissé ici par mes beaux-parents. C'est fou le chemin qu'on peut faire avec un seul exemplaire de cette revue! Je ne sais pas si tous les numéros sont aussi intéressants que celui que j'ai entre les mains, mais je suis agréablement surprise. Je m'inspire aussi chaque semaine des recettes du journal du samedi, pour la saveur locale.
Côté classique, j'ai fait les
boulettes d'agneau de José di Stasio que Jean-Fred et Jean-Léon adorent.
Une bonne semaine dans ma cuisine, c'est au moins un plat de poisson ou de fruits de mer. C'est simple à préparer, savoureux et nutritif. Et Jean-Léon en redemande!
Une bonne semaine dans ma cuisine, c'est au moins un plat sans viande. Ce n'est pas toujours facile de cuisiner sans viande. J'essaie de privilégier les légumineuses, le tofu et le quinoa qui offrent une bonne dose de protéines. J'aime les protéines (cri du coeur)! Je me sens bien soutenue quand j'en mange, rassasiée et satisfaite. Le secret est d'en varier la source. Je trouve que notre diète comprend souvent trop de sucre et pas assez de protéines.
J'ai parfois recours aux substitutions qui facilitent la vie : remplacer la viande par des lentilles dans la sauce à spaghetti (recette de ma maman) ou le lait par du tofu liquide dans les potages (truc de mon amie Nancy).
Une bonne semaine dans ma cuisine, c'est quand tout le monde est satisfait! Ma nouvelle routine consiste à demander à chacun ce qu'il veut manger cette semaine. La semaine dernière, Jean-Léon a demandé du tofu (oui, oui, vous avez bien lu! J'ai fait le "tofu au sésame", recette tirée du livre À table les enfants, découvert grâce à Marie-Noël) et Jean-Fred, des burgers pour cette semaine. Comme ça, tout le monde est content...au moins un soir par semaine!
Une bonne semaine dans ma cuisine, demande une bonne planification et une bonne organisation. Rien de pire que de ne pas savoir à 17h ce qu'on va manger à 18h. Donc, le dimanche, je consulte les troupes et mes sources d'inspiration (principalement en ligne car on a laissé nos livres de recettes au Québec) auxquelles j'ai récemment ajouté le site
Punchfork, recommandé par Maude, et qui offre une excellente revue de toutes les recettes disponibles sur internet.
Je fais ensuite l'épicerie en ligne et elle me sera livrée le lendemain. Si je manque de munitions à la fin de la semaine, je vais faire un tour à l'épicerie. Je fais une liste des recettes que je veux faire, idéalement cinq, une pour chaque jour de la semaine, et je mets cette liste sur mon frigo. Le samedi et le dimanche, on improvise avec ce qui reste ou je vais au marché d'Oxford et nous ramène de quoi souper.
Une bonne semaine dans ma cuisine, c'est quand je n'y ai pas passé trop de temps, au final. Je choisis des recettes qui se préparent en 30 minutes ou moins, je fais la vaisselle en même temps que je cuisine c'est-à-dire à mesure ou pendant que ça cuit (truc de ma cousine Joanne), je fais une soupe avec de vieux légumes pendant que je prépare le repas du soir et je n'hésite pas à acheter des produits qui peuvent me faire gagner du temps : carottes déjà coupées, sacs de légumes préparés pour les sautés, laitue et épinards déjà lavés, fromage déjà râpé. Je paye peut-être plus cher, mais mon temps, c'est aussi de l'argent!
Une bonne semaine dans ma cuisine, c'est quand il y a du dessert. Idéalement, du dessert maison. Ça limite les dégâts en matière de sucre et de gras. Sinon, on le mange en cachette de l'enfant.
Aussi : toujours m'assurer qu'il y a des restes pour le lunch du lendemain ou alors je me rabats sur la boîte de thon ou les oeufs durs, toujours avoir des crudités prêtes à manger et que je sers à tout moment, lorsqu'un retentissant "Maman, j'ai faim!" se fait entendre (j'ai aussi pris ce truc à Marie-Noël, maman de trois mangeuses de légumes crus), avoir des compotes de fruits et des fruits variés à offrir pour le dessert, cuisiner avec Jean-Léon quand il en a envie : biscuits, gâteaux, mais aussi soupe, pâte à crêpes, etc.
Sans oublier : toutes les fois où Jean-Léon refuse de manger parce qu'il est trop fatigué et se décompose sur sa chaise, parce qu'il a décidé qu'il n'aime plus le spaghetti (crime de lèse-majesté s'il en est un dans la famille!), parce qu'il a mangé deux portions de pudding à la collation du pre-school, toutes les fois où le souper "en tête-à-tête" avec mon fils dure 8 minutes (chrono à l'appui), où on doit prendre Aurèle qui pleure et manger notre steak à une main, toutes les fois où j'annonce qu'on mange (encore) des sandwichs pour le lunch, toutes ces fois où je me dis que commander une pizza, ce serait vraiment une bonne idée...même si la pizza ici, est vraiment décevante et chère, toutes les fois où je me rappelle le bon vieux temps où on commençait à penser au souper à 20h...
Toutes ces fois, je me demande si je suis la seule à vouloir faire du bricolage avec de la corde de rosbif et à rêver de corvées de boulettes avec mes enfants ?
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