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lundi 3 octobre 2011

Aurèle est arrivé!


Une autre étape, et la plus importante celle-là, vient d'être franchie dans notre nouvelle vie : Aurèle est né!

Il est arrivé, avec toute son intensité et sa force, jeudi le 29 septembre, à 16h59 (heure d'Oxford). Il pesait 3,5 kg. Le travail a été rapide (5h30) et entièrement naturel (on a fait ça entre nous, sans besoin de l'induction...la nature sait bien faire parfois), mais la sortie fut très difficile car Aurèle était coincé et donc incapable de descendre. L'épidurale et les forceps auront fait le reste.

Je me remets lentement mais sûrement et la nouvelle vie avec notre poupon est faite d'instants magiques : notre petit trésor gloutonne, dort bien et est pétant de santé. ll nous comble de bonheur. Il est très éveillé et fait la joie de ses parents et de sa grand-mère.


La rencontre avec son grand frère a aussi été des plus touchantes. Jean-Léon veut tout montrer à son frère et il est très attentionné malgré son excitation de devenir maintenant un grand frère.

Nous ne sommes pas trop de trois adultes pour réorganiser notre vie et trouver l'équilibre. Chaque jour est mieux que le précédent et on se laisse porter sur la vague de bonheur des petits sourires qu'Aurèle semble déjà nous faire...



mercredi 21 septembre 2011

« Fausse alerte » : le roman photo

Oxford 
Mardi 20 septembre 2011
16h : J'arrive à la maternité du John Radcliffe Hospital. L'obstétricienne rencontrée ce matin à la clinique de grossesses à risques a décidé de m'hospitalier car il y a présence de protéines dans mon urine (l'indice va de "traces" à 4 et je suis à 2) et le niveau d'enzymes de mon foie est plus élevé que la normale et a augmenté depuis les tests de la semaine dernière. Ces deux indices combinés peuvent être un signe de pré-éclampsie même si la pression artérielle demeure parfaite (ce qui est mon cas).

On prendra ma pression aux quatre heures et on contrôlera mon urine. On verra avec les derniers tests sanguins où en sont mes enzymes hépatiques. Ensuite, il sera décidé de provoquer l’accouchement ou de me renvoyer à la maison, selon mon état.




18h : Je suis installée dans le lit d’une chambre à quatre qui vient de se vider de ses habitantes. On a fait un « monitoring » du bébé et il est en pleine forme. Mes protéines sont revenues à 1. Que des bonnes nouvelles !

Je suis seule avec mon plateau repas, « spécial féculent » : un sandwich aux concombres sur pain blanc, un petit pain de blé avec margarine et un pudding au riz. Un petit peu de patates avec ça ? S’il faut que j’accouche ce soir avec ça dans le corps, je n’irai pas loin. Une chance que mon chef en résidence m’a forcée à engloutir une immense platée d’un délicieux ragoût de pois chiches avant de quitter la maison, ce midi.

C’est la deuxième fois que je dors seule à l’extérieur de la maison, sans Jean-Léon et sans Jean-Fred, depuis que je suis une maman. Je me repose, je lis, j’écris, je prends connaissance des messages d’amitié et d’encouragement qui me parviennent par courriel. Tout ceci n’est pas désagréable. Aurèle me laisse dormir tranquille toute la nuit, il est très calme dans mon ventre. Il semble avoir tout compris.

Mercredi 21 septembre 2011
Entre 8h et 10h : L’équipe de jour vient faire les tests de rigueur : pression, urine, température. Mon état est toujours excellent. La sage-femme est française, ce qui facilite les échanges et me fait bénéficier d’un surplus d’attention et d’explications. J’en profite pour poser toutes mes questions. Je rencontre la médecin qui fait sa tournée. Mes enzymes ont baissé, ma pression est parfaitement normale. Ne reste qu’à contrôler l’urine qu’on a envoyée au laboratoire pour plus de précision. On parle de me faire une induction vendredi ou en début de semaine prochaine si cette dernière donnée n’est pas concluante, mais plus rien ne semble urgent. Entre-temps, j’aurai un décollement des membranes pour stimuler le déclenchement naturel du travail.
J’échange avec ma voisine de chambre, celle qui a le lit près de la fenêtre. Son état est critique, on parle de lui faire une césarienne car sa pression est très élevée (ici, on n’induit pas lorsqu’il y a pré-éclampsie grave, on va automatiquement à la césarienne). Je sens son inquiétude, son bébé bouge peu, mais elle est en fin de grossesse donc « ça ira ». J’essaie de la rassurer.


14h15 : On a reçu les résultats de mes derniers tests. Tout est impeccable ! On me demande d’aller voir ma sage-femme à la clinique en début de semaine prochaine pour faire le suivi (pression, urine) et refaire un décollement des membranes si je n’ai toujours pas accouché. La date de l’induction est maintenue (29 septembre), si cela est nécessaire.

Je peux rentrer à la maison, retrouver mes hommes, mes amours et continuer de me préparer à accueillir mon nouvel amour. Et ma mère et son conjoint qui vont arriver demain. J’ai les bras vides mais le cœur léger. Je sais que c’est pour bientôt, bientôt et que cette histoire à suivre ne fait que commencer.

vendredi 16 septembre 2011

Fais-moi une rime avec "système de santé"

Pour souligner ma 38e semaine de grossesse, j’ai pensé faire un billet sur le suivi de grossesse dont je bénéficie ici, depuis mon arrivée. Ce billet ne cherche pas à tirer de grandes conclusions quant au fonctionnement du système de santé anglais que je ne connais pas encore très bien ni à tracer des comparaisons avec le nôtre (quoi que, forcément…), mais simplement à témoigner d’une prise en charge exemplaire jusqu’ici et qui m’a tout de suite inspiré confiance, celle dont je fais l’objet depuis ma première visite à la clinique de Summertown (« village » où nous habitons).

Un des défis de notre déménagement combiné au fait que j’étais enceinte de 35 semaines (8 mois) à mon arrivée à Oxford, consistait bien entendu à faire en sorte que je serais rapidement prise en charge par un médecin et référée à une unité de naissance, de sorte que l’on puisse planifier l’accouchement. Grâce à une amie (www.marie-evelaforte.blogspot.com), j’avais, avant de partir, été mise en contact avec une jeune médecin d’Oxford, qui m’avait informée dans le détail du fonctionnement du système hospitalier et des procédures à suivre pour obtenir un suivi de grossesse. Mes médecins de Ste-Mary’s à Montréal m’avaient aussi dit que le système de santé britannique fonctionnait de manière similaire au nôtre (c’est-à-dire, par exemple, qu’il faut un médecin de famille qui permet la référence à un médecin spécialiste), mais avec plus de médecins par tête de pipe!

Sachant tout cela, nous nous sommes donc présentés, dès la première semaine, à une clinique recommandée par nos voisins américains (je vous parlerai d’eux prochainement, dans un autre billet) et située à environ 7 minutes de bus de la maison. Munis de nos passeports et après une trentaine de minutes d’attente (un signe qui ne trompe pas que nous sommes bien dans une clinique médicale!), nous avons rempli les formulaires du NHS (National Health Services) qui allaient nous ouvrir les grandes portes de l’assurance-maladie britannique. Le NHS (équivalent de la RAMQ) regroupe en fait tous les services de santé, de l’assurance aux établissements de santé, en passant par la santé publique. Quinze minutes plus tard, j’avais un rendez-vous fixé pour le surlendemain avec une sage-femme et un médecin généraliste, le suivi de grossesse se faisant ici à la fois avec la « Community Midwive » (sage-femme) et le « GP » (médecin généraliste). Du même coup, Jean-Fred et Jean-Léon étaient aussi enregistrés au NHS et comme patients de la clinique.

Mon premier contact avec la médecine britannique s’est donc fait par le biais de la sage-femme. Ayant lu que j’arrivais de l’étranger, elle avait prévu une rencontre double (40 minutes au total) pour prendre connaissance de mon dossier et faire l’examen de routine. Très professionnelle et efficace, elle a pris connaissance de mon histoire de pré-éclampsie (naissance de Jean-Léon à 35 semaines de gestation), a tout noté dans une grand dossier bleu qu’elle allait me remettre à la fin de la visite, a pris le temps de m’expliquer les suites à ce rendez-vous et a fait l’examen de routine consistant à me peser, prendre ma pression artérielle, faire mon test de pipi et bien évidemment palper le bébé (bien en position pour sortir mais encore très haut) et écouter son cœur au battement exemplaire.
Jean-Léon, notre petit trésor,
deux jours après sa naissance
Compte tenu des circonstances de mon premier accouchement, elle a tout de suite parlé de me référer à l’unité de grossesses à risque de l’hôpital John Radcliffe (Silver Star Unit), en plus de m’informer que, pour les mêmes raisons, c’est à cet hôpital que j’accoucherais, plus précisément à l’unité des naissances et non à l’étage des naissances de style « maison de naissance » (les deux structures co-existent et les femmes sont référées à l’une ou à l’autre qui sont souvent abritées par le même hôpital). Elle allait acheminer par fax, cet après-midi même, mes renseignements pour que l’unité de grossesses à risque me contacte en vue d’un rendez-vous. Ça m’allait, tout semblait complet et s’annonçait très bien.

Le médecin que j’ai vu quelques heures plus tard n’avait en vérité pas grand-chose de plus à faire, si ce n'est que d’acquiescer à toutes les recommandations faites par la sage-femme. Nous allions nous revoir dans deux semaines (donc à 38 semaines).

Puis, j’ai attendu des nouvelles de l’unité des grossesses à risque. Une semaine s’est passée jusqu’à ce que je trouve, dans ma boîte aux lettres, une enveloppe sans timbre qui m’était adressée et qui, faute de contenir un chèque ou les confessions d’un admirateur secret, me demandait d’appeler au Silver Star Unit de l’hôpital pour prendre rendez-vous. L’hôpital m’avait écrit et livré une missive! Et dire qu’au Québec, on a du mal à parler à un être humain au téléphone pour prendre un rendez-vous…

J’ai donc obtenu deux rendez-vous à cette unité : une évaluation par une sage-femme (celle de l’hôpital cette fois) et une rencontre avec un médecin de l’unité. Depuis, on me suit d’encore plus près pour s’assurer que je ne referai pas de pré-éclampsie malgré le peu de temps qui reste (il est peu probable que j’en fasse une, vu mon excellente condition et celle du bébé, mais ce n’est pas exclu) : prises de sang, test de pipi, NST (Non-Stress Test), échographie ce samedi et rendez-vous la semaine prochaine avec un obstétricien. Les choses s’accélèrent, il reste peu de temps et on n’est jamais trop prudent!

Finalement, la charmante médecin d’origine indienne qui m’a reçue dans un petit salon pour parler de mon historique et de cette grossesse-ci a pris l’initiative de planifier une induction pour le 29 septembre, de manière à ce que je ne dépasse pas la date prévue de mon accouchement et qu’aucun risque ne soit pris. 

Aurèle doit donc attendre jeudi prochain pour naître (arrivée de ma mère à Oxford!) mais se montrer avant le 29 s’il veut faire le travail par lui-même! Encore une fois, cette décision me va, je connais le chemin, je suis passée par là. Même si j’aimerais bien vivre l’expérience autrement cette fois-ci. Mais advienne que pourra! Je lâche prise, comme il se doit!
***
Il y a un jeu que nous faisons avec Jean-Léon et qui consiste à faire des rimes. On lui donne un mot et il doit faire une rime avec ce mot. Ainsi, si on me dit aujourd'hui : « Fais-moi une rime avec « système de santé » », je n’ai qu’un mot en tête : « Efficacité ».


Elsa