Toute fille qui a accouché attend ce moment avec impatience : le jour où elle pourra à nouveau rentrer dans ses jeans d'AVANT la grossesse. Hé bien, ce jour est venu pour moi, dimanche dernier, sans que j'ai fait quoi que ce soit pour y arriver, croyez-moi, ni exercice (désolée
Gwyneth), ni régime (on s'entend que le sucre est le plaisir coupable de tous les parents de jeunes enfants, après huit heures le soir).
Pour tout dire, rentrer dans ses jeans, c'est un cap vers le retour à soi-même, une étape symbolique qui prend dans mon cas un sens bien particulier. En même temps que je découvre que je rentre dans mes jeans d'avant, ma mère nous quitte pour rentrer à Longueuil. Je dois donc faire face à notre nouvelle réalité. Nous sommes maintenant "on our own", Jean-Fred et moi. Il faudra assurer, retrouver une routine maintenant que la transition est faite, grâce à l'aide précieuse de maman.
Après la panique, l'angoisse qu'a fait naître en moi le départ de maman, je me suis efforcée de respirer et de faire le point sur ce qui s'annonçait pour moi, pour nous : trouver comment devenir maman de deux enfants, ici, en Angleterre. Je ne suis pas certaine que le défi aurait été si différent à Montréal, si ce n'est que pour la proximité de la famille et des amies, si précieuse il va sans dire. J'ai l'impression tout d'un coup de débuter pour vrai mon congé de maternité, alors qu'Aurèle a déjà un mois.

Je me suis donc mise à jongler avec plusieurs idées, m'assoyant à la table avec mon ordinateur, mon calendrier, un horaire de la semaine. C'est ma façon de réfléchir, de trouver des solutions à tous mes problèmes, petits et grands : quand me laver les cheveux ? Quand donner le bain à Aurèle ? Quoi faire comme activité avec Jean-Léon, dont le besoin en ce moment est bel et bien de socialiser et aussi d'apprendre les rudiments de l'anglais pour pouvoir communiquer, ce qui est très important pour lui ? Comment concilier tâches domestiques et vie de famille ? Où rencontrer d'autres mamans, des partenaires de jeu pour Jean-Léon et éventuellement pour Aurèle ?
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| Ma façon de me retrouver et de réfléchir. |
Mais surtout, comment arriver à faire tout ça alors que Jean-Fred est pris dans un horaire très serré à l'université ? Pour vous donner une idée, Jean-Fred travaille environ 50 heures par semaine sur ses cours, ce qui inclut la présence aux cours (un ou deux cours par jour, du lundi au vendredi), les lectures à faire et la préparation. Il est chaque jour à l'université de 9h à 18h, et jusqu'à 19h les mercredi et vendredi pour assister à des cours. Il doit aussi bien sûr travailler la fin de semaine. Et il a son club de vélo le samedi, activité saine et indispensable autant physiquement que mentalement.
Alors, mes pistes de solution, le fruit de ma réflexion...
Je me suis d'abord donné la permission de ne pas devenir une parfaite ménagère ni une maman parfaite (à mes anciens étudiants : notez le chiasme de construction). Et aussi, la permission de ne pas aimer rester à la maison tout le temps, la permission de m'ennuyer, de trouver le temps long et pourquoi pas aussi celle de rêver de retourner travailler.
Puis, je me suis souvenu de mon premier congé de maternité, le temps pris avant de trouver un équilibre, le temps aussi avant de retrouver la forme physique et mentale et la vitesse de croisière qui a fini par s'installer. J'ai tout à coup eu confiance que, comme mes jeans dans lesquels je rentre à nouveau sans avoir fait quoi que ce soit pour que ça arrive, j'allais trouver une façon, avec mes trois complices, de retrouver l'équilibre et d'y trouver mon compte. De profiter de l'instant, de vivre le moment présent avec les enfants (grands prêtres de l'instant présent s'il en est!) grâce à une organisation bien présente mais souple à la fois. J'ai confiance.
En ce qui concerne Jean-Léon, un grand changement se passe dans sa vie. Nous avons miraculeusement obtenu pour lui une place à la garderie qui se trouve dans la cour de notre immeuble. Il ira deux jours par semaine (lundi et mardi), pourra socialiser, jouer, apprendre l'anglais, vivre sa vie de garçon de 3 ans. Il commence cette semaine et nous sommes bien heureux pour lui. Je promets de vous en reparler davantage dans quelques semaines. J'ai confiance que ça aussi, ça nous aidera et ça sera pour le mieux.
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"Es-tu prêt, papa? Es-tu prêt ? Parce que moi, je suis prêt!", répétait Jean-Léon.
Faire sa rentrée à la garderie le jour de l'Halloween, c'est pas mal excitant! |