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mardi 3 juillet 2012

Neuf mois

Neuf mois, c'est le temps que dure une grossesse. Quand un bébé atteint l'âge de neuf mois, comme c'était le cas d'Aurèle la semaine dernière, il a généralement passé autant de temps dans le monde extérieur qu'à l'intérieur du ventre de sa mère. 

C'est au moment où ils atteignent cet âge que je commence vraiment à éprouver du plaisir à être avec mes enfants. À véritablement être conquise par eux. Comme apprécie la présence d'un ami, de quelqu'un dont on s'ennuie s'il n'est pas là. Avant cette étape du neuvième mois extra-utérin, je prends soin du bébé, je suis attentive à ses besoins, je lui donne tout ce dont il a besoin. Je suis une maman dévouée et aimante. Mais à partir de neuf mois, je suis heureuse d'être là pour constater que ce bébé prend du volume, de l'espace, qu'il gagne en personnalité, en mouvement, en capacité à communiquer. J'aime le voir user de stratégies pour obtenir l'objet qu'il désire, le surprendre en train de me regarder au moment où il saisit l'objet interdit (ici les fils de l'ordinateur, les bouts de papier qui traînent par terre, etc.). Son monde devient tout à coup plus complexe et notre relation aussi, par le fait même.

Je découvre mon bébé qui découvre le monde et cela me remplit de bonheur. Je me sens aussi plus légère. Comme si j'apercevais du coin de l'oeil que d'ici peu de temps, il n'aura plus autant besoin de moi, plus de manière vitale du moins. Il commence à se débrouiller, à comprendre les concepts de base, à prendre conscience de sa personne et de celle des autres. Il est en train de se séparer de moi, ce qui s'accompagne souvent d'une angoisse qu'il arrivera bientôt à surmonter. Mon bébé de neuf mois est un explorateur et un aventurier qui s'engage à relever tous les défis qui se présentent à lui. Mon émerveillement de le voir ainsi est total. Ce billet est pour ne jamais oublier la magie des neuf mois de vie parmi nous.
***
À neuf mois, Jean-Léon était dans le 50e rang percentile, il s'endormait seul et pour toute la nuit, mangeait des aliments très variés et en morceaux avec ses quelques dents, était allaité seulement le matin et le soir (il buvait de la préparation lactée le reste du temps) et il se préparait à commencer la garderie un mois et demi plus tard. Il se tournait sur lui-même, essayait de s'asseoir et de se déplacer. Nous avons fait avec lui un magnifique voyage en Californie où je me suis sentie redevenir entièrement moi-même après les événements si transformateurs de la grossesse et de la maternité.

Quelques photos souvenirs de notre voyage en Californie :




À neuf mois, Aurèle est dans la 75e rang percentile, il commence à s'endormir seul dans son lit, semble souffrir peu d'eczéma et de reflux après des mois de malaise et de démangeaisons (malaises vraisemblablement causés (entre autre) par une allergie aux produits laitiers), mange de mieux en mieux. Il débute lentement le sevrage (on lui donne une préparation lactée pour bébé allergique) et se prépare à rester avec maman encore pour un moment (deux enfants à la garderie au U.K. : on n'a tout simplement pas les moyens!).
Il recule sur ses quatre pattes, passe tout seul de la position couché à assis, se déplace en roulant, en tournant, en se traînant sur le sol. Il dit "Papa" et "Baba" pour maman, lance la balle et fait toutes sortes de grimaces avec sa langue. Mais surtout, il adore quand son frère lui fait des bisous.

T'inquiète pas, maman, je vais pas boire tout ça...
en fait, à peine une petite goutte me suffit!


mardi 12 juin 2012

Londres, bébé et les transports en commun

Centième billet du blog. Bonne fête blog!

Hier, c'était la cinquième fois qu'Aurèle mettait les pieds à Londres dans sa courte existence de 8 mois et demi, dont trois fois pour accompagner sa mère chez l'optométriste et y choisir de belles montures de verres clairs et de verres solaires (on est posh ou on ne l'est pas!).


Au fil de ces visites londoniennes me sont venues quelques réflexions sur comment bien profiter de la capitale en compagnie d'un bébé, et plus particulièrement en matière de déplacement.

D'abord, en partance d'Oxford, il y a deux façons de se rendre à Londres : en autobus, à partir du centre-ville, ou en train, à partir du centre-ville vers Paddington et de Bicester North vers Marylebone. La première option est peu coûteuse (environ 10 pounds) et plus ou moins rapide, selon l'heure à laquelle on part (prévoir 1h30 à 2 heures selon la circulation). L'autobus est assez confortable pour qu'on y soit à l'aise avec un bébé mais offre selon moi moins de possibilités que le train. Bien que mois économique (compter environ 25 pounds l'aller-retour en dehors des heures de pointe), le train est mon moyen de transport préféré pour me rendre à Londres avec un bébé : c'est plus rapide (45 à 60 minutes pour atteindre Londres à partir de Bicester North) et toujours ponctuel, on y trouve à bord des toilettes avec table à langer, on peut marcher et brasser bébé dans l'allée en toute sécurité, mais, surtout, le rouli constant préserve mieux le sommeil de bébé et donne moins mal au coeur à maman que les cahoteuses secousses de l'autobus.

Circulation dense en direction de Londres
Ensuite, toute visite à Londres nécessite une bonne préparation. Les déplacements dans Londres sont toujours très longs, la ville est vaste et étendue et le métro comme l'autobus peuvent présenter leur lot d'obstacles (ralentissements, pannes, embouteillages, etc.). Il vaut donc mieux cibler ses objectifs et modérer ses transports, planifier son trajet de manière à privilégier l'autobus et la marche. Si on doit prendre le métro (ce qui est souvent inévitable à cause de l'ampleur des déplacements), minimiser les correspondances peut être une excellente stratégie, car les escaliers (pas toujours mobiles) sont nombreux et les couloirs longs et sinueux. Même si les gens s'offrent généralement pour aider une maman avec poussette et un petit passager, il faut parfois sortir nos muscles sur plusieurs mètres pour porter le tout. Une fois venu le moment d'embarquer, choisir les extrémités des wagons où sont situés de petites portes simples (et non doubles comme celles au centre du wagon), ce qui gêne moins la foule pressée et souvent dense qui occupe le wagon.

À ce sujet, il est aussi préférable d'avoir une alternative à la poussette, si petite soit elle. Des bras bien musclés, il va sans dire, mais aussi un porte-bébé. Le cocktail de transport pour bébé est en effet une formule gagnante. Ainsi, pour prendre l'autobus, on vous demandera souvent de plier la poussette. Hop! On insère le petit dans le porte-bébé, ce qui laisse les mains libres pour fermer la poussette et payer. J'avais déjà remarquer, à San Francisco, des mamans arborant en tout temps leur porte-bébé lors de déplacements en transport en commun (dans cette ville, il est interdit de laisser bébé dans la poussette lorsqu'on est dans l'autobus). J'ai pu apprécier moi-même les bienfaits de cette façon de faire lors de ma dernière visite à Londres. Le porte-bébé comme accessoire de mode ? Pourquoi pas!

Finalement, si jamais vous étiez affublés de deux gamins, oubliez la poussette double comme la nôtre, qui prend toute la place sur le trottoir. Les Londoniens ne vous le pardonneraient pas ! 


La maman, le bébé et les lunettes


mardi 8 mai 2012

Notre petit mangeur de 7 mois

Même si je ne souhaitais pas nécessairement suivre la tendance du baby led weaning, Aurèle, lui, pense tout autrement.

Le baby led weaning - qu'on pourrait traduire par "alimentation solide à l'initiative du bébé" (le terme "weaning" étant employé au sens britannique d'introduction des solides et non de sevrageest une façon d'introduire les solides qui laisse le bébé aller lui-même vers les aliments. On encourage l'enfant très tôt à manger des fruits et des légumes en morceaux, à ingérer de la viande préparée en bâtonnet que le bébé peut facilement tenir dans sa main. Bref, exit les purées, on y va avec nos doigts et on fait confiance à la capacité physiologique de l'enfant d'avaler ce qu'il peut et de rejeter le reste. Je dirais enfin que c'est une pratique qui repose beaucoup sur l'instinct des parents et que ce n'est peut-être pas l'idéal pour un premier bébé.

Je ne suis pas spécialiste du baby led weaning et je n'ai jamais pensé le pratiquer exclusivement. Or le problème c'est qu'Aurèle, lui, veut manger tout seul, n'est pas un fan de la cuillère et préfère de loin les petites bouchées de pain de seigle à ses céréales en poudre. Déjà, avec Jean-Léon, on l'a vite laissé expérimenter sur sa tablette et on l'a encouragé à se nourrir avec ses mains et plus tard avec sa propre cuillère. Cette fois, avec Aurèle, on y va plus librement et je n'hésite pas à placer des morceaux à porter de main, à lui donner un bâtonnet de pomme ou de poire crue à sucer. Et il adore ça! Et pendant qu'il porte le morceau à sa bouche, ça me donne l'occasion de lui passer une cuillère de quinoa (mes céréales maison!) dans la bouche. Ben quoi, faut bien qu'il mange, ce petit! Il est si maigrelet...!


Il n'y a aucun doute, Aurèle veut suivre la mode.
"J'ai une dent maintenant!"
La banane, avec la pelure, entière, pis toute...

mardi 17 avril 2012

L'ambition d'une mère

J'attends depuis 3 semaines une livraison de céréales (achetées en ligne sur Amazon.uk) de la marque suisse Holle, réputée pour être méga-grano, recommandée et testée par notre amie A. Épautre, millet, avoine, toutes ces bonnes céréales pour Aurèle ne cessent de se perdre en chemin et ont déjà été retournées une fois à leur expéditrice. Argghhh!***

J'ai choisi ces céréales car elles sont 100% bio, ne contiennent rien d'autre que des grains et semblaient être les plus adéquates pour mon bébé à la peau fragile (il fait de l'eczéma).
À Oxford, tout ce que je trouve dans les épiceries, les grandes surfaces comme les boutiques plus spécialisées d'aliments naturels, contient du lait ("creamy porridge"), des fruits (pommes, bananes, fraises, bleuets, etc.) ou encore un mélange de grains. Pas idéal pour un mangeur débutant! Je n'ai trouvé qu'une marque (Organix) qui fait des céréales de riz sans rien d'autre dedans. Et pour le fer, bien, on repassera! La plupart de ces céréales ne sont pas enrichies.

Je me suis donc décidé à cuisiner moi-même des céréales pour Aurèle. Ben oui, je suis rendue là...C'est ce qui arrive quand on a trop d'ambition (lire ici les (Z)imparfaites sur le sujet)!

La texture de mes céréales n'est pas lisse car je n'ai qu'un mélangeur à main Braun pour broyer mes céréales. Mais avec un robot ou un petit mélangeur plus efficace, ces céréales seraient parfaites pour un bébé qui commence à manger. J'ai pour ma part commencé par introduire les céréales commerciales (riz) pendant un mois avant de passer à mes céréales maison d'avoine et de quinoa. 

Pour celles et ceux qui auraient autant d'ambition que moi, vous trouverez les recettes sur Ox Recettes, mon blog de cuisine.

En attendant de manger comme papa...

ou de me régaler d'un bon pad thai,
au resto de mes nouveaux amis, à Londres.
Et pendant ce temps, dire que mon frère est le "Roi du burger"!
***Cette fois, je renonce : mes céréales sont retournées pour une deuxième fois chez leur expéditrice. J'ai reçu ce matin un colis de sa part comprenant mon chèque, une lettre d'excuses, une boîte de céréales, un beau bavoire et une cuillère de marque Holle. C'est mieux que rien!

jeudi 29 mars 2012

Tout le monde à table (la suite) !

On continue avec les purées, mais avec peu de succès, peu importe qui tend la cuillère...

Tantine Thérèse essaie de convaincre Aurèle
que c'est bon, les patates douces!

On a pris une petite pause avant de passer aux céréales : riz, millet, épautre (de la marque méga-grano Holle, dénichée sur Amazon.uk) et avoine puisqu'il faut bien l'initier au porridge!

Après une pause d'une journée - le temps d'une visite à Londres - on y est allé avec le panais, qui a été un succès, le premier vrai succès depuis qu'Aurèle mange des "solides". Ce qui a semblé l'aider à développer son réflexe pour avaler est le gobelet d'eau que nous lui avons donné quelques jours avant. Il s'est amusé à boire au gobelet et a développé une véritable passion pour son beau gobelet jaune. Bravo champion!
Très intéressé par le contenant et peu
par le contenu.

Ce qui est fascinant quand on s'intéresse à l'alimentation des bébés, c'est de constater à quel point l'introduction des solides est une pratique éminemment culturelle, qui varie d'un pays à l'autre.

Par exemple, une amie allemande partageait récemment avec moi la "méthode allemande" :
Avant les cereales, les Allemands suggèrent de commencer avec 1 sorte de légume et de le faire manger pour 10 jours - s'il n'y a pas de signe d'allergie, on introduit alors les pommes de terre, 10 jours, ensuite 1 autre sorte de légume en purée pour 10 jours, ainsi de suite... Toujours avec un petite cuillère d'huile végétale pour mieux digérer les vitamines.

Et voici ce qu'on suggère de faire ici, en Angleterre, et qui ressemble en tous points à ce que j'ai fait avec Jean-Léon et à ce que je fais (ou tente de faire!) avec Aurèle. Je traduis librement un document préparé par le NHS :

À partir de 6 mois, les premiers aliments solides peuvent inclure des légumes cuits comme le panais, les patates douces, yam, patates ou carottes. Les fruit frais écrasés comme la banane, l'avocat, la pêche ou le melon sont aussi bons. Les bébés aiment souvent manger eux-mêmes des aliments qui se prennent avec les doigts ou réduits en purée. On peut aussi les nourrir à la cuillère de façon à ce qu'ils soient rapidement capables de le faire eux-mêmes.


On dénote ici la tendance pour le "Baby led weaning" alors que les céréales brillent par leur absence...

Étonnant et intéressant, n'est-ce pas ? 

mardi 20 mars 2012

Tout le monde à table!

C'est sur un coup de tête que nous avons commencé, mardi dernier, à donner des purées à notre beau petit Aurèle. Suivant les recommandations de la Bible des parents ("Mieux-Vivre" québécois, édition 2011), nous avons conclu que notre bébé était prêt à se lancer dans la grande aventure de l'alimentation "solide".
Voici pourquoi :
1) Il avait augmenté la fréquence de ses boires pendant 5 jours consécutifs (maman était épuisée!).
2) Il semblait intéressé lorsque nous mangions, regardait avec intérêt les aliments passés de l'assiette à la bouche, suivait des yeux notre fourchette ou cuillère.
3) Il se tenait bien assis dans la chaise haute (que nous avons réussi à ouvrir dans notre salon/salle à manger/salle de jeux, une fois qu'on a enlevé la balançoire de bébé).
4) Il avait presque 6 mois (5 mois et demie, plus précisément).
5) Il maitrisait les muscles de son cou de manière à tourner la tête pour indiquer un refus.
Le seul critère qui posait problème était celui indiquant qu'il pouvait fermer les lèvres sur une cuillère et qu'il devait être en mesure d'avaler la nourriture. Était-il capable ou non ? Nous allions le découvrir sur-le-champ !

Comme on aime le répéter aux mamans, il n'y a pas deux bébés pareils. Au même âge, Jean-Léon n'était aucunement intéressé par la nourriture. Pour cette raison, j'ai commencé les purées à 6 mois et une semaine. Or, même s'il n'y a pas deux bébés pareils, on tient à répéter les formules gagnantes. Nous avons donc introduit les aliments dans le même ordre que nous l'avons fait pour Jean-Léon, c'est-à-dire en ne suivant pas la recommandation canadienne voulant que l'on commence par les céréales. On vit dangereusement, vous me direz. Mais la DPJ ne nous a pas encore retracés!

Nous avons plutôt opté pour les légumes oranges, qui sont sucrés, colorés, attirants pour bébé et beaucoup plus faciles à avaler. D'abord la courge butternut, ensuite la carotte puis la patate douce. Nous   enchaînerons ensuite avec quelques fruits avant d'introduire les céréales dans quelques semaines, quand Aurèle sera bien habitué à déglutir sa purée. 
Et heureusement que nous avons fait cela car les premières expériences ont été peu concluantes! Aurèle a pris beaucoup de plaisir à être avec nous à table et à saisir sa cuillère (nous procédons à 2 cuillères : une pour lui, une pour nous) mais a eu de nombreux haut-le-coeur en mâchant sa purée. Notre plus grand succès a été les patates douces, que j'ai fait plus liquides et qui sont naturellement plus sucrées que les autres légumes. J'essaierai d'ajuster la texture pour les prochaines purées en les diluant davantage. 

Quel plaisir de le voir découvrir et surtout, de l'avoir à table avec nous. Et ça ne fait que commencer...



jeudi 23 février 2012

En ce moment

L'hiver aura duré vraisemblablement deux semaines. Je suis tout à fait capable de vivre avec ça. Les perce-neige percent l'absence de neige un peu partout. Ça sent l'engrais et la campagne, surtout quand il pleut et il pleut souvent. Les manteaux de printemps attendent impatiemment leur première sortie.

Et nous, on essaie de se sortir d'un sale virus qui n'en finit pas de revenir nous hanter et de nous rendre encore plus faibles que la semaine précédente*. Il reste deux semaines à la session de Jean-Frédérick. Deux sessions de trois pour cette année. 

Aurèle aura cinq mois à la fin du mois et fait de bonnes nuits de sept heures en moyenne. Jean-Léon s'habille seul le matin et dit "Sorry!" au lieu de "Désolé!" quand il nous marche sur le pied.  Voici à quoi ils ressemblent et ce qu'ils font en ce moment.




"Le fond de la mer avec des poissons"
"Une carte au trésor pour Aurèle"
"Une baleine"


*Jean-Léon a finalement vu le médecin ce matin : les deux oreilles sont infectées, on penche plus vers la bactérie que le virus. Il doit maintenant prendre des antibiotiques pour la première fois de sa vie. On espère qu'il guérira vite.

dimanche 29 janvier 2012

Bonne fête Aurèle!

Aujourd'hui, Aurèle a quatre mois. Il fait des sourires, travaille fort pour se retourner du dos au ventre et découvre ses pieds. Faut dire qu'avec ses nouveaux bas super colorés, ça stimule!

Je l'adore, mon petit trésor!



mardi 13 décembre 2011

De la pertinence (comme l'écrirait Montaigne)

Je peux compter sur les doigts d'une seule main les fois où Jean-Léon est allé au centre commercial dans sa première année de vie. J'étais un peu maniaque, obsédée par ce que j'appelais la "pertinence" comme d'autres ont la phobie des germes. Je ne trouvais rien de pertinent pour mon fils à aller passer du temps au centre d'achats. Et je ne parle pas ici des achats de première nécessité mais plutôt du magasinage comme loisir. Car voyant le nombre de poussettes qui sillonnaient les allées du Centre Rockland, je ne pouvais faire autrement que de me demander ce qui n'allait pas pour moi. Ou plutôt, loin de moi l'idée d'exercer un jugement sur les habitudes de mes congénères (ou si peu!), je me suis mise à réfléchir à ce qui me convenait à moi et à mon bébé.

Pendant ce premier congé de maternité, je suis spontanément aller vers des activités qui m'apparaissaient pertinentes pour mon fils, en premier lieu, puis pour moi. J'en suis venue, naturellement, à développer une théorie de "la pertinence pour bébé". Rien de bien compliqué ou de rigide. Juste une approche intuitive de ce qui pouvait plaire à mon bébé, de ce qui pouvait le stimuler, lui offrir l'occasion de se développer, si petit soit-il, bref une tendance à rechercher ce qui pouvait nourrir ma relation à lui. Pour ce faire, j'ai entre autres suivi les précieux conseils de mes amies qui étaient passées par là (Maude, en particulier, dont j'ai endossé plusieurs des "musts").

Ainsi, avec Jean-Léon, j'ai fait de la mise en forme avec bébé (En forme avec bébé, il faut voir la vidéo pour m'apercevoir avec Jean-Léon, en pleine action!), dans une salle lumineuse en plein coeur du parc Lafontaine, où bébé pouvait gazouiller les quatre fers en l'air sur un tapis, se dandiner sur de la musique, explorer les jeux dans le miroir avec ses petits amis du même âge et, bien sûr, servir d'haltères pour maman. Dans la même veine d'activités, j'ai fréquenté mon studio de yoga pour y faire le yoga post-natal avec bébé : mouvements pour maman et bébé ("chien ascendant" avec l'aide de maman, évidemment!), échanges avec d'autres mamans, ambiance chaleureuse et respectueuse, plusieurs respirations profondes et une bonne dose d'inspiration de la part de notre "yogi" en chef, Marie-Hélène de Soham yoga. On s'y est même fait de bonnes amies, Sorine et Salomé.

Finalement, j'ai suivi des cours de massage pour bébé, où la discussion et l'écoute étaient aussi au rendez-vous de ces séances où il m'arrivait de ne pas pouvoir pratiquer le massage parce que Jean-Léon dormait toute l'heure. Mais ce n'était pas grave, je repartais avec de nouvelles notions de massage, de nouvelles idées sur plein de sujets (alimentation, sommeil, stimulation, etc.) qui étaient aussi au programme de ces cours données avec brio par Bianca d'Alternative Naissance. Ces quelques fois, la pertinence était pour moi, plus que pour Jean-Léon! À cela s'ajoute les cours de natation pour bébés, à partir de 6 mois, qui ont été délégués à Jean-Fred la plupart du temps car ils avaient lieu la fin de semaine (très pertinent pour tout le monde, aussi, que papa fasse une activité avec bébé!).

Jean-Léon (endormi) avec sa classe de massage :
Bianca (la prof), Yves-Russell, son ami Clovis et Jasmine. (Février 2009)
Les mamans du cours de massage avec leurs bébés.
À ma gauche, mon amie Myriam et son beau Clovis.
Avec Aurèle, les circonstances sont bien différentes mais je continue mon exploration de la pertinence. Dès mon arrivée ici, j'ai participé à une rencontre dans un café de Summertown, avec des mamans d'Oxford que j'avais connues par le biais d'un forum, alors que j'étais encore à Montréal. J'étais alors enceinte d'Aurèle et Jean-Fred était avec Jean-Léon, ce qui m'a permis de passer quelques heures à jaser autour d'une eau minérale et d'un sandwich. J'ai rapidement compris que je ne pourrais pas refaire ça de sitôt. Premièrement, parce que j'allais désormais avoir Jean-Léon avec moi tout le temps et que passer des heures dans un café avec un enfant de 3 ans relève du tour de force (du moins avec le mien!), ensuite parce que je ne trouvais pas ça assez pertinent pour mon bébé, évidemment!

Je me suis donc inscrite à une activité de massage et yoga avec bébé, qui se donne au deuxième étage d'une formidable librairie de Summertown (Barefoot Books), où on trouve aussi un café et une maison d'éditions. Le cours a lieu dans une magnifique salle toute colorée et pleine de lumière, de quoi stimuler à fond mon petit Aurèle! J'y ferai en janvier des cours de yoga postnatal avec bébé.

Dans le même esprit, j'ai découvert un nouveau "play group" qui a lieu les mardis et mercredis, dans une église de Summertown (St-Andrew's). Le groupe de jeu occupe l'église (oui, oui!) et le hall d'entrée, de même que plusieurs petites salles. Il y a des aires de jeu et des salles aménagées par groupe d'âge, tant pour Jean-Léon que pour Aurèle qui pourra très bientôt profiter des tapis de jeu et des jouets mis à sa disposition. Finalement, on y fait aussi une séance musicale avec des comptines, des instruments de musique à la disposition des enfants, des chants de circonstances (Noël, par exemple), le tout bien animé par une bénévole très sympathique. Il y a aussi un goûter (biscuits, thé et jus) et on nous remet un "sticker" pour inscrire notre nom, ce qui évite de toujours demander le nom de chaque personne à qui on s'adresse. Bref, tout ça est fort bien organisé, sans aucune mention de Jésus de surcroît, ce qui est encore mieux en ce qui me concerne.

Tellement plus "pertinent" que de faire le centre de table
pour la séance de photos de maman! (Aurèle, 2 mois et demie)
Notre horaire de la semaine se décline donc de cette façon :
Lundi : cours de massage + yoga avec Aurèle ; Jean-Léon est au "pre-school"
Mardi : rien de spécial mais possibilité d'aller au "play group" de St-Andrew's avec Aurèle ; Jean-Léon est au "pre-school"
Mercredi : "play group" de St-Andrew's avec Jean-Léon et Aurèle
Jeudi : "play group" de Cutteslowe avec Jean-Léon et Aurèle, où on peut manger en plus pour 2 pounds.
Vendredi : repos! (parfois bibliothèque, parc ou tout autre envie du moment)

Pertinence, vous dites? Plus souvent qu'autrement, oui. Et le défi est que chacun y trouve son compte, le petit et le grand autant que la maman.

En somme, les "critères" qui se dégagent de mon "approche" et qui seront un jour brevetés sous le titre de "baby guru" (en anglais, pour plus de crédibilité $$$) : 

- un environnement stimulant pour bébé autant que pour maman
- une activité qui nous permet d'interagir, mon bébé et moi (donc idéalement, bébé n'est pas déposé dans un coin)
- une occasion de se faire des amis, pour maman et bébé
- la possibilité de bouger librement pour bébé
- la possibilité d'échanger avec d'autres mamans
- une situation d'apprentissage ou de mise en forme pour maman
- une source d'inspiration et de réflexion pour maman (en ce moment, c'est ce qui fait le plus défaut ici, à Oxford...) 

Et vous, les mamans, des "théories", des "critères", des principes de "baby guru" à partager ?